ACTE 1, SCENi: VI. ai
ARAMINTE
De grâce , point d'injures.
DORIMAN.
Voyons à qui vous accorderiez votre estime.
AR AMINTE
Je l'accorderois à celui dont le savoir seroit utile à sa patrie ; qui ne s'en serviroit que pour guider et instruire de bonne foi ceux qui auroient recours à lui ; qui aviroit encore plus étudié le monde et ses usages que les livres ; qui ne se prévaudroit point de sa science, et n'emploieroit jamais ses talents à nuire ; qui anroit le cœur droit, le commerce aimable et simple. Ce doit être là l'ambition du vrai sage, et le but de ses études. Votre homme est le contraste de ce portrait ; glorieux, médisant, satirique, méchant, envieux, méprisant...
u o R I II A N , l'in terrompa nt.
Savez-vous bien , madame , qu'il ne me convient pas d'entendre ainsi parler de quelqu'un qui doit être mon gendre?
An Amintk.
Votre gendre?
Il le sera dès demain.
A RAM IN TE
Cela ne se peut pa.s.
UORIMAN.
Nou?
A RAM IN TE
Non vraiment : son alliance ne vous convient en aucune manière; et, sans parler des autres avantages que vous devez chercher dans l'épou.v de ma nièce, songez que le bien de celui-ci... DORIMAN, r interrompant.
Ah'.c'estoii je vous attend ois. Comme j'ai toujours pense que les riches étoient moins heureux par le bien qu'ils ont que par celui qu'ils peuvent faire, je n'ai jamais senti le prix des richesses si vivement que dans cette occasion.
ARAMINTE
Ce sentiment est noble ; mais il perd bien de son prix par la personne à qui vous l'applicjuez.
DORIMAN.
Brisons là-dessus. Il a ma parole ; rien ne peut m' ébranler.
ARAMINTE
Quel entêtement ! Je n'ai plus qu'un mot à vous dire. Vous savez que j'aime ma nièce, et que je n'ai d'autre dessein que celui de la faire mon héritière.
Eh bien?