ACTE III, SCÈNE VII
Cette nuit n ous régnez : je vous venge ; et la foudre Tombe sur Christieme avant qu'elle ait grondé. Sans le soin de vos jours le coup eût moins tardé ; Mais vous étiez , madame , à la merci d'un traître , Qui, dans sou désespoir, vous saisissant peut-être. Le poignard, à nos yeux, levé sur votre sein. Nous auroit arraché les armes de la main. Nous-mêmes des fureurs désarmons la plus noire ; Qu'il ne dispose pas du prix de la victoire. Du peu de liberté qu'aujourd'hui l'on vous rend. L'usage est d'importance et l'avantage est grand. Il en faut profiter. .Sitôt que la nuit sombre Sur ces lieux menacés épaissira son ombre. Hâtez-vous de vous rendre au portique ici près. Où l'élément glacé joint la rade au palais. La valeur attend là votre auguste présence. \ l'instant mon triomphe et le votre commence; Et j'immole à vos yeux celui qui fit, aux siens. Immoler les auteurs de vos jours et des miens...
{la voyant tout en pleurs. ) Vous pleurez! Doutez-vous du succès de mes armes'.'
ADÉLAÏDE
Non ; je vous connois trop pour vous donner des larmes.
Que n'a pas déj i fait, que ne peut votre bras?
Et vos feux rassurés ne l'affoibliront pas.
Mais qu'à cet ennemi dont vous craignez la rage
Ma fuite laisse encore un précieux otage !
' G USTAV t.
De le faire avertir il faut prendre le soin, Madame ; quel est-il?
174 (il.STAVK-WASA.
ADÉLAÏDE
Ce fidèle témoin Près de qui s'iustruiroit votre flamme jalouse, Uue tète aussi chère à vous qu'à votre épouse , Votre mère.
GUSTAVE
Ma mère ? Eh quoi ! ma mère vit?
ADÉLAÏDE
Dans les fers d'oîi je sors , seule , elle me suivit. Et près de moi resta tout ce temps inconnue ; Mais enfin sa douleur ne s'est plus contenue, Dès (jue de votre mort le bruit s'est confirmé: De ce qu'elle est , par elle ou vient d'être informé; Et déjà dans la tour elle rentre peut-être,