‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Du Vaure, et PironChapitre 118 sur 242 · CHRISTI ER N E · texte numérisé non relu

CHRISTI ER N E

Sa crainte nous répond de son obéissance. Léonor lui rendroit bientôt son arrogance : De leurs derniers adieux on sait l'emportement. Souvent l'amour d'ailleurs se flatte aveuglément. Le vôtre un peu crédule et prompt à vous séduire, A peut-être entendu plus qu'on n'a voulu dire. Vous espérez beaucoup. Ne pourroit-on savoir Les discours échappés d'où vous naît cet espoir?

FRÉDÉRIC

Non, seigneur; je vous crois : je l'ai mal entendue. Tant de-gloire, en effet, peut ne m'étre pas due. Je le veux; mais en dois-je aimer moins l'équité. Et, ne consultant qu'elle, être moins écouté? .Sommes-nous plus en droit d'opprimer l'innocence? Ah ! ne pouvoir m'aimer ce n'est pas une offense A mériter les maux qu'elle endure à mes yeux. Et j'en ai trop été le prétexte odieux. La pi'incesse m'est chère; oui, seigneur, je J'adore. Je l'ai dit mille fois; je le répète encore : Si j'en étois aimé, le soin de mon repos Me rendroit redoutable au plus fier des rivaux. .Te soutiendrois mes droits au prix tle mille vies ; Mais s'il faut renoncer aux douceurs infinies D'un choix qu'avant ma flamme un autre a mérité. Je ne veux rien tenir d'aucune autorité,

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