ACTE IV, SCENE VII. ,,j
Est-ce à l'assassinat qu'aspiroit ta vertu? Quel espoir, quel dessein, quel complice avois-tu?
GUSTAVE
Si la nature eu moi tantôt eût pu se taire.
Sourd à la voix du sang, si j'avois pu me faire
Un cœur aussi farouche, aussi bas que le tien,
Je ne subirois pas ce funeste entretien.
Je veux bien m'abaisser encore à te répondre,
Et c'est pour t'obéir moins que pour te confondre.
Tâche à te rappeler ici tous mes discours.
Tu n'y remarqueras que de légers détours,
Sous qui la vérité, maintenant reconnue,
A d'autres yeux qu'aux tiens eût paru toute nue.
Mais la soif de mou sang , qui le les fascinoit.
Vers l'erreur, à n>ou gré, plus que moi t'entraincit.
Sois sûr qu'un vrai courage aninioit l'entreprise.
On n'assassine point l'ennemi qu'on méprise.
Je te l'ai dit; celui qui t'eût fait succomber
Sait arracher la palme, et non la dérober.
Aux attentats ma main ne s'est point éprouvée.
A la tête des miens la princesse enle\ée.
Je t'aurois donc offert la victoire ou la mort;
Et le droit du plus brave eût rcglé notre sort.
Tels étoient mes projets. Le destin qui nous joue.
Couronnant le plus lâche, ordonne que j'échoue;
Tu régnes, et je meurs : triomphe; mais, crois-moi.
Ton boidieur sera court; triomphe avec effroi !
Tant de calamité que Stockholm a .-ioufferte,
Mes soins et mon exemple ont préparé ta perte.
Elle suivra la mienne, et la suivra de près
194 GUSTAVE-VVASA.
Sois maître de mes jours; et, taudis que tu l'es,
Éprouve ma constance au milieu des supplices.
Je n'y dirai qu'au mot; c'est que j'eus pour complices
Tous les gens vertueux qu'ont lassés tes forfaits.
.Je ne les trahis point. Tu n'eu connus jamais.
CHniSTJERNF,.
Ce mot seul va coûter bien cher à ta patrie. Moins tu veux la trahir, plus tu l'auras trahie, A qui tout est suspect tout est indifférent. Le sang des Suédois coulera par torrent... Que sur un échafaud le tien les en instruise !
( axix gardes. ) Vas-y trouver la mort... Gardes, qu'on l'y conduise. Et que , dans un moment, je me sache obéi.