‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Du Vaure, et PironChapitre 144 sur 242 · GARDES · texte numérisé non relu

GARDES

GUSTAVE, à part.

Quel spectacle!... O fortune! ainsi donc ton caprice Quelquefois se mesure au poids de la justice...

(à Cliristienie. ) Tigre, l'horreur, l'opprobre, et le rebut du Nord, Regarde en quelles mains t'a mis ton mauvais sort; Vois à quel tribunal il t'oblige à paroître; Sur ces teiTibles lieux, où je te parle en maître, Lève les yeux, barbare, et les lève en tremblant. Voici de tes forfaits le théâtre sanglant. Qui te garantira du coup que tu redoutes? Ces marbres profanés, et ces murs, et ces voûtes, Et l'ombre de mon père , et celle de Sténon , Et ce reste éploré d'une illustre maison, Que vois-tu qui n'évoque en ces lieux la vengeance? Toi-raéme en as banni dès long-tem])s la clémence. Le jour, l'heure, l'instant, déposent contre toi. J'ai vu lever le fer sur ma mère et sur moi. La reine a craint encore un destin plus horrible...

C n R I s T I F, K N F- , l'interrompant. Tranche de vains discours. Tu dois être inflexible. En nie le déclarant penses-tu m'emoiivoir, Toi de qui la pitié croitroit mon désespoir? .le n»c reprochi' moins mes fureurs que ta vie.

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