ACTE I, SCÈNE VI i3g
Après ?
MON DO R
Est à Paris.
Qu'il y reste.
MONBOR.
Fort bien :
Sans croire , sans vouloir que vous en sachiez rien.
Pourquoi donc me le dire?
MONDOR
Ah ! quelle indifférence !
Et rien est-il pour vous de plus de conséquence? Cn oncle riche et vieux, dont votre sort dépend. Qui, du bien qu'il vous veut , sans cesse se repent : Prétendant sur sou goût régler votre génie; De vos diables de vers détestant la manie; Et qui , depuis cinq ans bien com|)tés, dieu merci , Pour faire votre droit, nous pensionne ici. Attendez-vous, monsieur, à d'horribles tempêtes. H vient incognito pour voir où vous en êtes. Peut-être il sait déjà que, vous donnant l'essor, Vous n'avez pris ici d'autre licence encor. Que celles qu'il craignoit, et que dans vos rubriques. Vous nommez, entre vous, licences poétiques. Ah ! monsieur, redoutez son indignation ! Vous aurez encouru l'exliérédation.
Ce mot doit vous toucher, ou votre ame est bien dure.
24o LA MÉTROMANIE.
DAMIS, donnant trmuiuillemenl un papier à Mondor. Mondor, porte ces vers à l'auteur du Mercure.
MONDOR, refusant de le prendre.
Beau fruit de luou sermon !
Digue du sermonneur.
MONDOR
Et que doit nous valoir ce papier?
DAMIS
De l'honneur.
MONDOR, secouant la tête.
Bon ! de l'honneur. I
DAMIS
Tu crois que je dis des sornettes?
MONDOR
c'est qu'on n'a point d'honneur a mal payer ses dettes. Et qu'avec celui-ci vous les paierez très mal.
DA MIS
Qu'un valet raisonneur est un sot animal ! Eh ! fais ce qu'on te dit.
.MONDOn.
Aussi, ne vous déplaise.
Vous en pariez, monsieur, un peu trop à votre aise. Vous avez les plaisirs , et moi tout l'emharras. Vous et vos créanciers , je vous ai sur les bras. C'est moi qui les écoute, et qui les congédie. Je suis las déjouer, jiour vous, la comédie; De vous celer, d'oser remettre au lendemain. Pour emprunter encore, avec un front d'airain.