ACTE I, SCENE VI
M O iN D O R .
Cest que l'air est, monsieur, un fort sot aJiment.
Qui te veut nourrir d'air? Es-tu fou?
MO^DOR
Nullement.
D AMIS
Ma foi , tu n'es pas sage : eh quoi ! tu te révoltes A la veille , que dis-je , au moment des récoltes? Car enfin rassemblons , puisqu'il faut avec toi Descendre à des détails si peu dignes de moi; Rassemblons, en un point de précision sûre. L'état de ma fortune et présente et future. De tes gages déjà le paiement est certain. Ce soir, une partie ; et l'autre, après-demain. Je réussis : j'épouse une femme savante. V^ois le bel avenir qui de là se présente. Vois naître tour-à-tour de nos feux triomphants. Des pièces de théâtre, et de rares enfants. Les aiglons généreux, et dignes de leurs races, A peine encore éclos voleront sur nos traces. Ayons-en trois. Léguons le comique au premier, Le tragique au second , le lyrique au dernier. Par eux seuls , en tous lieux, la scène est occupée. Qu'à l'envi cependant, donnant dans l'épopée. Et mon épouse et moi nous ne lâchions par an , Moi , qu'un demi-poëme ; elle, que son roman : Vers nous de tous cotés nous attirons la foule. Voilà dans la maison l'or et l'argent qui roule. Et notre esprit qui met, grâce à notre union,
246 LA MÉiaO-MAME.
Le théâtre et la presse à contribution.
MON D OR
En bonne opinion vous êtes un rare homme,
Et sur cet oreiller vous dormez d'un bon somme;
Mais un coup de sifflet peut vous réveiller.
DA MIS, lui faisant prendre enfin le papier.
Pars.
L'embarras où je suis mérite un peu d'égards. }
Une pièce affichée , une autre dans la tête , 1
Une où je joue , une autre à lire toute prête : I
Voilà de quoi sans doute avoir l'esprit tendu. '
MONO OR. j
Dites un héritage et bien du temps perdu. \