ACTE TROISIEME
SCÈiSE I.
DORANTE, ramassant des tablettes.
( hickju'uii regrette bien les secrets confiés A ces tablettes-ci que je trouve à mes pieds.
(// les ouvre.) liriTiiALAME. Ah! ah! j'eu recouuois le maître. .) y poiirrois ])iea aussi iJéveli)pper un traître... lisons.
SCÈISE II.
UOKA.NTE, LISETTE.
LISETTE
Suis-je une fourbe? ai-je trahi vos i"eux? Le seul qu'on veut exclure e.'-t-il si malheureux? Dès que je vous ai vu prêt d'aborder Lucile, Je me suis éclipsée, eu coulidente iiajjile; Et je vous ai laissé le chiuup libre à l'instant. Eh bien! quelle nouvelle? Eu étes-vous content?
.\h ! qii'eile est r.svissaute ! el que ce tête-à-tête
278 LA iMÉTROMANIE.
Achève de lui bien assurer sa conquête ! Je l'aiinois, l'adorois, l'idolâtrois : mais rien N'exprime mon état depuis cet entretien. Jusqu'au son de sa voix, tout me pénétre en elle; Son défaut me la rend plus piquante et plus belle; Oui, ce qu'en elle on nomme indolence et froideur. Redouble de mes feus la tendresse et l'ardeur.
LISETTE
La dédaijjneuse enfin s'est-elle humanisée? Je l'avois , ce me semble , assez bien disposée.
DORA.\TE
Tu me vois dans un trouble...
LISETTE
Eh ! vi\ ei en repos.
.Ses grâces m'ont charmé , mais non pas ses propos.
LISETTE
A-t-elle, avec rigueur, fermé l'oreille aux vôtres?
DORANTE
Non. ]\Iais j aurois voulu qu'elle eu eût tenu d'autres.
LISETTE
Quoi? qu'elle eût dit : Monsieur, je suis folie de vous. Je voudrais que déjà vous fussiez mon époux. Mais oui; c'est avoir lame assurément bien dure. De ne pas abréger ainsi la procédure.
DORANTE
Ayant fait de ma flamme un libre et tendre aveu , Et promis d'agréer à monsieur Francaleu, Comme je témoignois la plus ardente envie D'entendre mon arrêt ou de mort ou de vie;