ACTE II, SCÈNE III
LISETTE, à Fortuné.
On t'a dit que madame vouloit rompre le mariage de sa nièce avec ton maître, et la donner à un jeune homme, riche, aimable, et de condition?
FORxn NÉ.
Qu'est-ce que ces beaux habits ont de commun avec cela?
LISETTE
Je suis une jeune veuve de province.
FORTUNÉ
Je te croyois fille?
LISETTE
L'animal !
FORTUNÉ
Allons, c'est la même chose.
ARAMINTE
Elle a soixante mille livres de rente.
Cela n'est pas mauvais.
LISETTE
Et je suis amoureuse de Polymatlie.
FORTUNÉ
Ah! coquine!
LISETTE
Laisse-moi donc achever... Je lui offre ma main.
FORTUNÉ
Je n'écouti? [)lus rien. Comment donc ! c'est sur moi ([ue tout cela retombe? Oh! je vais y mettre bon oi'dre.
L ISETTE.
Que vas-tu faire?
FORTUNÉ
Avertir monsieur Doriman de tout, afin que mon maître épouse la nièce de madame. Va, infidèle, tu attendras du moins qu'il soit veuf pour l'épouser, lui.
Ne vois-tu pas que c'est un stratagème pour tromper Polymathe? Il est vain et très intéressé. Il faut en convaincre mon frère , lui faire voir que ton maître n'a pour lui qu'une fausse amitié. Nous aurons peut-être d'autres moyens pour le dissuader de sa science. Si nous venons à bout de ces deux choses, Lisidor obtient Lucile dès ce soir. Je vais chez moi attendre le succès de tout ceci. (Elle sort.)