SCÈNE I
CHRISTIERNE, RODOLPHE.
CHRISTIERNE.
Rodolphe, quel rapport viens- tu faire à ton roi? De Christierne absent révère-t-on la loi? Et tandis que Stockholm exige ma présence, Le Danemark en paix souffre-t-il la régence ? La reine...
RODOLPHE, l'interrompant.
Elle n'est plus , seigneur; et cette mort Peut-être enlève un sceptre au monarque du Nord. Du sénat mécontent l'autorité jalouse Ne ployoit qu'à regret sous votre auguste épouse ; A peine a-t-il en main le timon de l'état Que le peuple , sous lui , respire l'attentat , Traite d'invasion , de puissance usurpée , Ce qu'ici vous tenez de Rome et de l'épée; Et, s'érigeant en juge entre Stockholm et vous,
124 GLSTAVE-WASA.
Prétend liorner vos droits, ou vous les ravir tous.
CHRISTIERNE.
Gustave est mort : sa chute et décide et proiiouce; C'est une autre nouvelle, ami, que je t'annonce; Nouvelle dont le bruit, effrayant les mutins. Dissipera bientôt l'orage que tu crains. Jusqu'ici, dans le cours d'une guerre inconstante. Du malheureux .Stéuon la dépouille flottante 'Divisa la Suéde, et letint suspendu, Kutre Gustave et moi, l'hommiige qui m'e^t dû. Fatigué des complots de ce rival habile. Je mis sa (été à jirix : il n'a plus eu d'asile; Chacun se disj)uloit l'iioiineur de l'immoler. Et Sun heureux vainqueur demande à me parler. Je crains peu les effets , ayant détruit la cause; Et le chef abattu, le reste est peu de chose. I-^issons donc, pour un temps, ces soins ambitieux. Et que je m'ouvre ici tout entier à tes veux. Tu m'annonces le sort d'une épouse importune, Dont l'époux dès Ioiig-tenq)s inéditoit l'infortune; Oui, la mort, la frappant de ses traits inij)révus, Rompt des nœuds que bientôt le divorce eût rompus.
RODOLPHE
Quelles raisons, .seigneur, l'avoient donc condamnée?
CHIÎISTIEniVF..
Le projet résolu d'un nouvel liyménée;
Les transports d'un amour vainement combattu,
Et d'autant plus ardent que toujours il .s'est tu.
RODOI, r II E.
Tnnl le monde, m effet, .seigneur, en est encore