‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Du Vaure, et PironChapitre 9 sur 242 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

ARAMINTE, DORIMAN.

A RA M IN TE, h pari.

Non, non, monsieur Timantoui, ce mariage ne se fera point. Il faudroit que mon frère fût le plus imbécile... le plus... (à Doriman.) Ah! vous voilà, Doriman? Soyez le bienvenu. Vous vous êtes toujours bien porté?

DORIM.Vy.

Fort bien , à votre service. Votre sauté me paroit bonne aussi ?

AR AMINTE

Très bonne. Votre séjour à la campagne a été long; vous devez vous y être bien ennuyé?

DORIMAN.

l'eut-ou s'ennuver un seul instant où est monsieur Polymathe? Quelles ressources n'a-t-on

i8 LE FAUX SAVANT,

pas avec un homme si admirable? C'est nue bibliothèque vivante. Il parle de tout en maître : il raisonne de tout; il sait tout.

ARAMINÏE.

Permettez-moi de n'être pas de votre sentiment. Eh ! mon frère , si la vie d'un homme suffit à peine pour approfondir un art ou une science , devezvous croire qu'il y ait quelqu'un qui les possède toutes?

DORIM A N.

Je crois ce que je vois. C'est un fjcnie privilégié : il est universel, vous dis-jo. Toutes les sciences semblent être nées avec lui. C'est le mi des beaux esprits.

AR AMINTE

Quelle prévention !

noRi M AN.

Prévention? IS'en est-ce pas uue horrible d( ne pas penser comme moi de l'auteur illustre de tant d'ouvrages différents? C'est un grand homme! il me dédie des livres. Son commerce m'instruit, sa conversation est remplie de bons mots, légère, délicate, amusante, enjouée. Il est fort aimable, contre la coutume de la plupart des savants, qui apprennent tout, excepté l'art de plaire. Plus je l'approfondis, plus je le trouve au-dessus de sa réputation.

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