SCENE X. i8i
ROSALIE, haut.
A quoi me serviroit cette connoissanre?
VALÈRE, bas.
A mériter votre pitié.
LA COMTESSE
Ceci est l'avenue?
LE BABON.
Oui, celle que je vais faire planter incessamment.
LA COMTESSE
Elle est bien courte.
LE BARON
Courte? Elle aura plus de trois lieues.
LA COMTESSE
Bon! elle n'est pas plus longue que ma main.
LE BARON
Comptez, comptez les arbres; vous verrez.
LA COMTESSE
Un, deux, trois, quatre, cinq.
VALÈRE, haut y regardant Rosalie.
Dorante perd beaucoup quand il retarde le moment de voir tant de beautés.
LE BARON
Je ne le comprends pas , je l'avoue : mais , pour vous, madame, vous allez le concevoir dans un moment. Voici le terrain qu'occupe la montagne.
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iSî l.i; SOMNAMUL'LK.
LA COMITES s K.
Je cjunpte les arbres de l'avenue. Parlez, par-lez toujours. Cent riii(|uan1e-ein(|, cent eiM(|uanlcsix. Quand vous l'aurez al)altuc, ee sera <lon<une plaine?
LE BARON
Sans doute; et une vue...
VA LE RE, à la comtesse.
Admirable, madame, (à Rosalie.') Et si vous daigniez, mademoiselle, m'accorder un moment d'entretien, je vous ferois connoître la situation... {bas.) d'un cœur que votre refus réduiroit au descspou".
LE B A n o N , « Rosalie.
Ilconnoîtla situation comme moi-même : c'est lui, mademoiselle, qui a dressé le plan sur mes projets.
LA COMTESSE
Je ne croyois pas monsieur si savant. Instruisez-vous, ma tille. Je voudrois que monsieur pût ■vous inspirer du goût.
V ALÈRE.
Que je serois heureux, si j'en avois le talent!
LA COMTESSE
Deux cent soixante et treize ! Voilà une très belle longueur, il faut en convenir. Baron, vous avez de* idées... mais des idées à perte de vue.