SCÈNE XX. yoi
LA COMTESSE
Mon honneur est offensé.
LE BARON
Comment diantre votre honneur?
LA COMTESSE
Et je vous demande justice de l'insolent amour de votre neveu, ou je saurai me la faire.
LE BARON
Que vous a-t-il donc fait? (à Valère.) Comment! petit ëcervelé, vous insultez madame, à son âge? sans égard pour...
Moi, mon oncle, je vous jure que...
LA COMTESSE
Non, baron: son amour...
LE BARON, a la comtesse.
Son amour! Son amour est impertinent. Estce qu'on doit en avoir pour vous, madame? (à Valère. '^V eût coquin, une femme respectable!...
VALÈRE
Je vous proteste , mon oncle , que j'ai pour madame un respect infini.
LE BARON, rt la comtesse.
Une jeune barbe qui ne songe pas que vous seriez sa mère, et qui ose vous manquer.
LA COMTESSE
A l'.Tutre! il extravague.
ao4 LE SOMNAMDULI,.
LE DAnON.
Oui, r'cst un cxlr.ivapant, un pelit étourdi, tjui n'a rien vu, et (jui no voiis ronnoît sonloincnt pas.
LA COMTESSE
La colère me suffoque. Il est devenu fou.
LE BAIION.
Ce .seroit une folie impardonnable, à son âge: mais il n'y retournera plus, madame; et je vous demande pardon de sa témérité.
Savez-vous bien, baron, «pi'il y a une beurc que vous ne savez ce que vous dites? Que voulez-vous dire de mon âge, que je serois sa mère? Je vous trouve original de croire (|u il faut être fou pour ni'aimcr! Et qui vous dit qu'il m'aime?
LE BA UON.
Comment ! vous ne disiez pas que c'étoit h vous?...
LA COMTESSE
J'aimerois mille fois mieux, vraiment, qu'il se fût adressé à moi; le mal ne seroit pas si grand : mais il a l'insolence d'aimer mademoiselle; il n'en fait aucun mystère; il me l'avoue à moi-même; je l'ai trouvé à ses genoux. Voyez si ma colère est fondée, et si je puis, après cela, demeurer dans la même maison.