M A H O M ET
Mon armée'.... Ainsi donc tu m'oses apporter L'ordre que mes soldats prétendent me dicter? Sais-tu que cette audace, en toi seul impunie, A tout autre mortel auroit coûté la vie? Tu n'es plus sous ces rois tremblants, subordonnés. D'un peuple impérieux esclaves couronnés , Monarques dépendants, asservis sur le trône, Que, sous le nom de lois, l'impuissance environne, Fantômes du pouvoir, dont le bras impuissant Courbe , au gré de l'audace , un sceptre obéissant. Ah! si le despotisme a choisi quelque siège. C'est celui que j'occupe, et qu'en vain on assiège; Et si dans son entier je ne l'avois reçu , Par moi seul à son comble il seroit pîirvenu. Capable d'immoler mon amour à ma gloire, néja je méditois cette grande victoire ; J'osois défigurer dans mon cœur alarmé L'image d'un objet si tendrement aimé:
Mais n'attends plus de moi ce cruel sacrifice , Peuple ingrat! à tes yeux je veux qu'il s';icconiplisse
a7î MAIlDMKr ShCONf).
<]et liymcii (Iciiit (îii vain (on orijucil est blessé. Vax Faveur de l'amour riiniiiieur intéressé M'offre ra[)|iàt Hatteiir d'une double victoire; En couronnant mes feux je conserve ma (jloire.
Tn KODOIIE.
Eh ! pourquoi refuser de remettre en mes bras L'objet de tant de trouble et de tant de combats? Épargne à mes regards la douloureuse image De ces murs' désolés par un second ravage, Épargne à ma douleur le spectacle cruel De ma fille à mes pieds tombant du coup mortel; Et, s'il faut dire tout , de toi-même, peut-être, Malgré tout ton pouvoir, abattu par un traître.
M A II o M ET.
Plus tu peins le péril prêt à nous accabler, Plus je sens mon courage à ta voix redoubler.
TH ÉODORE.
Peux-tu livrer ma fdie à la fureur cruelle?...