ACTE IV, SCENE VIL
Enfin de leur prophète il saisit l'étendard, Rappelle les mutins fuyant de toute part; Et ce signe , pour nous une fois salutaire , Dompte et suspend les coups du cruel janissaire. Mais le trouble, seigneur, n'est point encor calmé ; D'un sinistre avenir mon cœur est alarmé : Ils demandent le sang d'une tendre victime.... Je creùns en la nommant de partager leur crime.
I RÈN E, à part.
Enfin c'est donc sur moi que le ciel en courroux D'un orage effrayant a rassemblé les coups ! Voilà donc tout le fruit de mon amour funeste î De tant de biens promis la mort seule me reste!...
(à Théodore.] Seigneur, vous le voyez, il n'est plus temps de fuir : L'arrêt est prononcé, c'est à moi d'obéir; Et je vEiis...
THÉODORE
Ah! ma fille! où fuis-tu sans ton père? Sauve-toi dans mes bras , ô fille encor trop chère !
IRÈNE
Oui, seigneur, de vos bras j'accepte le secours;
Mais c'est pour ma vertu, bien plus que pour mes jours.
Pour la dernière fois ouvrez le sein d'un père
Aux larmes que m'arrache une douleur sincère.
Pour fléchir l'Etre à qui j'ose les adresser.
Sur quel autel plus saint pourrois-je les verser?...
(à part. ) Que fais-je?... Surmontons ces indignes alarmes;
a8o MAHOMET SECOND.
L'innocence expirante est au-dessus des larmes : Ne laissons point le peuple arbitre de mon sort. Et du moins en chrétienne ofFrons-nous à la mort.