SCÈNE IX
NASSI, THÉODORE, ZAMIS, grecs.
N A s s ! , à Théodore .
Venez, seigneur, venez ; sortons de ce palais.
THÉODORE
Je tremble...
NASSl.
Épargnez-vous d'inutiles regrets.
THÉODORE
Irène?...
NASSU
Hélas!
THÉO DOUE
Nassi?...
NASSI
Malheureuse victime ! . . .
Elle n'est plus.
THÉODORE
Grand Dieu!
N ASSI
Mes yeux ont vu le crime,
THÉODORE
Et quelle main barbare, instrument du forfait...
N ASSI
Frémissez : c'est la main du cruel Mahomet.
ZAMIS.
Juste ciel !
■»9i MAHOMET SECOND.
TII ÉODOHE.
Je me meurs !
N ASSI
Irène iriomphante , Contemploit à ses pieds l'armée obéissante; Mahomet a paru. Les chefs et les soldats D'Irène, par leurs cris, célèbrent les appas. Il s'arrête, il admire, il soupire, il s'avance. Aux cris tumultueux succède un long silence. Il marche... dans ses yeux sont la rage et les pleurs : M Le voilà cet objet proscrit jiar vos fureurs , •■ A-t-il dit , cet objet à qui la vertu même " Auroit du monde entier cédé le diadème. "Vous étiez trop heureux sous un régne si doux! « Je vous vois maintenant trembler à ses genoux : " Traîtres ! il n'est plus temps... Pleurez sur sa mémoire. « Vous la perdez, cruels ! je l'immole à ma gloire. •> Ah! seigneur! furieux, il saisit un poignard. Il jette sur Irène un funeste regard, La frappe... Pardonnez à ma dotdeur mortelle. Le sang coule; déjà la victime chancelle: Elle tombe; ses yeux se tournent vers le ciel, Et son cœur expirant pardonne au criminel.
THÉODORE
Grand Dieu, dont le courroux éclate sur Byzance, Que sa mort et la mienne apaisent ta vengeance !
LA