‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Lefranc de Pompignan, Guyot de Merville, Pont de Veyle, et LanoueChapitre 210 sur 279 · ACTE 1, SCÈNE III. 3o-j · texte numérisé non relu

ACTE 1, SCÈNE III. 3o-j

CLIT ANDRE

Non , crois-moi.

liéfléchis un moment, tu rougiras de toi. Que t'a donc fait Julie? et pourquoi ta vengeance La veut-elle punir de ta propre imprudence? Ses regards à Lucile ont arraché tes vœux: Ton infidélité n'étoit pas dans ses yeux; Elle étoit dans ton cœur; seul il fit l'injustice, Et c'est sur lui qu'en doit retomber le supplice. Ton dépit, ton courroux n'est encor qu'imprudent : Il devient criminel , si tu vas plus avant. Tu cherchas à lui plaire, et tu plus à Julie : Ne fût-ce que deux jours, elle fut ton amie; Tout ce que ces deux jours Julie a fait pour toi , Sous le sceau le plus saint fut commis à ta foi; llegards , billets, discours , signes de toute espèce. Du plus profond secret supposoient la promesse; Aux mains d'un honnête homme elle a cru confier Le pouvoir de la perdre ou de l'humilier. Des devoir.s de l'amant sois quitte, elle est volage; Le secret en est un dont rien ne te tlégage : Elle est femme, elle rompt de perfides liens; Sois homme, tes serments doivent survivre aux siens. Laissons le petit-maître et l'impudent cynique S'abreuver de scandale et vivre de critique. Et, sans frein, sans pudeur, déchirer de leurs traits Celles dont ils n'ont pu profaner les attraits; Laissons celte vermine orgueilleuse et sans ame Se p.irer des débris de l'honneur d'une femme : Le bruit est pour le fat, la plainte pour le sot;

.3i.8 LA COQUFTTI'; couhigéf:.

L'honuéte lioinme trompé sV-loiyne, et ne dit mol

KK ASTK.

Mais enfin, quand Julie...

CLITAN on E.

Kh ! finis. Ta colère N'a pas le sens commun. Monsieur clierchoit à plaire; Auprès d'une coquette il n'a pas réussi; C'en est fait, pour jamais son iinnneur est noirci.

En ASTF.

Quoi ! tu n'approuves pas...

CLITANDKE.

j'admire ma bêtise D'opposer des raisons à semblable .sottise. C'est un rare accident qui t'arrive en ce jour, Et personne avant toi n'éj)rouva pareil tour! Une femme coquette ! Ah ! bon dieu , quel prodige! Tout l'aris va pleurer du malheur qui l'afHi^je; Et des belles, sur-tout, le scrujjideux trou[>caii Va frémir au récit d'un forfait si nouveau.

KR ASTE.

Mais je prétends , au moins...

CUTANDRE.

Hetourne chez Lucile :

Elle t'aime, aime-la; la vengeance est facile. Que tardes-tu, dis-moi? lîientôt ton successeur...

En ASTF..

Quel est-il?

CL!TA.\DRF,.

Lisimon.

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