ACTE in, SCÈNE III. J
Ses amis devroient bien lui faire envisager Qu'à son âge il est tard de vouloir s'engager.
Mais elle est jeune encore.
JULIE
Oui, oui, pour une tante :
Mais sous un nouveau joug plier en imprudente?... Car, vous conviendrez, chaque jour désormais Impitoyablement va ternir ses attraits.
Pour moi, je l'avouerai, je tremble pour Orphise.
CLITA NDRE.
II est peu de beautés que le temps ne détruise,
•le le sais : cependant en honnête mari,
J'ai mon système, moi, système assez hardi .
J'en conviens. Par exemple, Orphise est fort aimable.
Et le sera long-temps, car elle est estimable.
Elle n'a jamais cru que le seul agrément
De l'amour d'un mari dût être laliment.
Belle, mais sans orgueil, à d'autres soins livrée,
A cesser d'être jeune elle s'est préparée :
Aux nobles sentiments elle a formé son cœur.
Et pour son caractère elle a pris la douceur.
Elle a de son esprit étendu les lumières;
Elle a même accueilli des vertus roturières,
L'égalité d'humeur, la modeste bonté,
L'amour de l'ordre enfin , trop rare qualité !
Après un certain temps que l'iiymeii nous éprouve,
La beauté perd , dit-on; tout cela se retrouve:
Les maris aiment mieux, ils m'en sont tous témoins,
L'ne vertu de plus, et deux grâces de moins
34« LA C0QUETT1-: C(HllllOI^:i,.
Ktfc jfiiiie!. . être belle!... Oui, c'est im double crime Dont...
Ci, I T A N D K E.
Non; il ne faut pas trop presser ma in:ixiinc. La beauté de tout temps soumit tout à ses lois , Et je lie suis point d'âge à contester ses droits; Mais, sans lui disputer son suprême avaiita^je , A d'autres qualités nous pouvons rendre lioinnia{;e.
JU Li e.
Heureuse qui pourroit toutes les rassembler! Mais, pour vous plaire, à qui faut-il donc ressembler?