‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Lefranc de Pompignan, Guyot de Merville, Pont de Veyle, et LanoueChapitre 267 sur 279 · ACTE V, SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE III

Non ; et c'est tout de bon que je suis ton amie. D'abord quitte cet air lugubre, chagrinant, Et , comme tu disois , traitons ceci gaiement. Premièrement il faut entretenir Clitandre : Peut-être contre toi n'a-t-il pu se défendre; Et tu ne voudrois pas exposer ta candeur A faire son supplice, et faire mon malheur.

JULIE

Qui! moi, vous disputer?...

ORPHISE

Ehj laissons ce scrupule; Peut-être en est-ce fait.

JULIE

Non. Soyez moins crédule :

Il vous estime tant!...

ORPHISE

Vraiment, je le crois bien.

Mais pour savoir s'il m'aime , il n'est qu'un sur moyen; Le voici. Je prétends , j'exige , et je t'ordonne D'offrir à ton amant ton cœur et ta personne; De tenter, d'épuiser, sans crainte , sans remords , Pour l'attacher à toi , les plus pressants efforts : S'il résiste, mon cœur se livre à sa tendresse; S'il cède, eh bien! je fais le bonheur de ma nièce.

JULIE

Vous voulez que moi-même?. . .

ORPHISE

H le faut.

JULIE

Je ne puis.

394 LA COQUETTE CORRIGÉI;.

o n i> II I s E , apercevant Clitandre. Il vient tort à propos.

JULIE

Ma tante, je m'enfui.s.

OBPHISE.

Reste : voici le temps d'exercer ton adresse.

JUME.

Je n'en ai plus.

Allons, un peu de hardiesse.

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