ACTE IV, SCÈNE I
JULIE
Eh bien ! ma bonne tante Veut me parler, dis-tu, d'une affaire importante? Je la devine.
ROSETTE
Eh quoi?
JULIE
C'est son Clitandre encor.
Elle craint que je n'aille envahir son trésor. Le beau trésor! un homme ! Oh !... j'ai repris mes forces; Je veux plus que jamais leur tendre mes amorces. Impitoyablement leur plaire, les charmer. Et ne m'en faire aimer que pour les opprimer. Qu'il me vienne un Clitandre encor, laisse-moi faire, Je l'humilierai tant !
ROSETTE
Vous êtes en colère.
JULIE
Oh ! oui , je suis piquée.
ROSETTE
Eh! madame, pourquoi?
JULIE
Mais ma tante, à propos , je ris de son effroi ! Qu'une tète de femme aisément se démonte !
ROSETTE
Madame...
JULIE
En vérité , mon sexe me fait honte :
Mais je le vengerai. Reprenons mes plaisirs , Et faisons-nous un jeu d'irriter les désirs ,
De les tromper, de rire en faisant le supplice
Des cœurs qui de leurs feux nie voudront voir complice,-
C'est là le vrai bonheur, et je veux eu jouir.
noSETTE.
INIais depuis fort long-temps vous goûte/, ce plaisir: Pourquoi vous tniuve-t-il aujourd'hui si sensible?
JULIE
Oh! pourquoi?... .le ne sais. Mais ma tante est visible.
ROSETTE
Elle vient : croyez-moi, rendez-lui son héros.
{Elle sort.)