M ADHERBAL
Oui , c'est moi , Qui gémis sur la reine , et qui plains votre roi. Le sort ne les fit point pour être heureux ensemble. Je déplore avec vous le nœud qui les assemble , Nœud fuueste et cruel, que l'amour eu courroux A formé pour les perdre et nous détruire tous ! Énée est un héros que l'univers admire; Mais d'une jeune reine il renverse l'empire. La gloire, la pitié, tout presse son départ : s'il diffère d'un jour, il partira trop tard.
ACHATE
Je ne puis vous cacher ma joie et ma surprise. Ministre vertueux, pardonnez la franchise D'un soldat qui jugeoit de vous par vos pareils. Favori de la reine , ame de ses conseils , Et par elle sans doute instruit de sa tendresse, J'ai cru que vous serviez ou flattiez sa foiblesse. L'absolu ministère est remis dans vos mains, J'ai vu tous les apprêts d'un hymen que je crains. Et pouvois-je?...
;m ADHERBAL, l'interrompant.
Eh ! voilà le destin des ministres !
Victimes de discours, de jugements sinistres; Coupables, si l'on croit le peuple et le soldat, Des foiblesses du priuce et des maux de l'état... Emplois trop enviés que la foudre environne!...
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Heureux qui voit do loiu l'éclat de la eourouuc! Heureux qui, pour son roi plein de zèle et d'amour. Le sert dans les combats et jamais à la cour!... Nous sommes menacés d'une attaque prochaine; Je venois de mes soins rendre compte à la reine; Je n'ai jiu pénétrer an fond de son palais. Cependant nos soldats, nos citoyens sont prêts. Daignent les justes dieux soutenir sa querelle! Contre tant d'ennemis que pourroit notre zèle?... La porte s'ouvre... On vient... C'est votre roi qui sort.. J'ai rem[)ii mon devoir et n'attends que la mort.
( // s'cloùfnc. )