SCÈNE
LISIMON, CLÉANTE.
LISIMON.
La joie que j'ai de vous voir, Cléante, m'est d'autant plus sensible que je ne m'y attendois pas. Quoi! vous quittez Paris dans le temps que les plaisirs y régnent?
CLÉANTE
On n'est pas toujours dans les mêmes dispositions, mon cher Lisimon. On change à tout âge, et ces plaisirs, autrefois si flatteurs pour moi, ne me touchent plus.
LISIMON.
Ce que vous me dites là est-il bien sincère?
CLÉANTE
Rien n'est plus vrai , je vous assure.
LISIMON'.
J'applaudis de bon cœur à de si beaux sentiments, et je m'en réjouis pour l'amour de vous.
8ji LK (JOiNSEN IKiMKM' FOUCK.
Ija seule chose qui me fàclie, c'est que vous ayez t-liuisi une saison si |icu favorable pour les amusements lie la (■amj)a{;iie. Auteuil est fort joli en été; mais il uc poiil être ajjréalile en hiver qu'à une espèce île misantliro|>e comme moi.
CLÉA NTE.
Il n'est pas en mon pouvoir de mieux picnilrc mon temps; car, et c'est ce qui me fait de la peine, ma visite est intéressée.
USIMOS.
Je puis vous rendre quoique service , mon cher Cléante?
CLÉ AN TE
TTn service de la dernière importance.
LISIMON.
Voilà pour moi un surcroît de plaisir.
CLÉANTE
Je vous demande pardon de la liberté que j'ai prise ; mais j'ai amené une personne avec moi.
LISIMON.
Votre excuse m'offense. Quel que soit celui pour qui vous vous intéressez, il est digne de mon estime, dès qu'il mérite la vôtre. Mais où est donc cet ami? Pourquoi n'entre-t-il pas?
CLÉANTE
nnmoment,je vousprie.Vousallezêtre étonné.
C'est une dame que je vous amène.