‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Lefranc de Pompignan, Guyot de Merville, Pont de Veyle, et LanoueChapitre 68 sur 279 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

ORGON

Que vous en semble, Lisimon? Ne suis-je pas bien malheureux d'avoir un fils tel que lui?

LISIMON.

Je vous plaiiis. Vous étes-vous bien porté dans votre voyage?

ORGON

Assez bien. Quand on souhaite des enfants , on ne sait guère ce que l'on souhaite.

Vous avez raison. Depuis quand étes-vous de retour?

ORGON

Depuis avant-hier. On se tue pour amasser du bien à ces ingrats-là, et en voilà la récompense! Combien d'argent n'ai-je pas dépensé pour l'éducation de (Jléante! et vous voyez comme il en profile ! L'auriez-vous cru capable d'un tel également ?

LISIMON.

Non, car il m'a toujours paru assez sage.

ORGON

Prendre une femme sans bien !

LISIMON.

Voilà le mal.

Par amourette !

ORGON

y 6 LK CONSKNTF.MKNI F (lit Cl':

I, ISIMON

Mais vous <|ni parle/., innii clior Orjjon, n'avoz-voiis pas aiiiK' ilans votre jcunessn? onoON.

Sans (l(nilp,j'ai aimé., j'ai aimé; je ne le nie point: mais l'amour ne m'a jamais fait faire de folies.

LISIMON.

C'étoit donc un amour bien extraordinaire?

onooiv.

Ce que c'est qu'un jeune étourdi! Il ne fau( (pi'un petit nez tourné d'une certaine façon pour lui bouleverser la cervelle... Et se marier encore malgré moi !

Vous n'avez pas voulu lui accorder votre consentement?

OROO N.

Faut-il pour cela qu'il s'en passe?

Ce n'est pas mon sentiment.

Je lui ferai voir ce que c'est que l'autorité d'un père. C'est un mariage nul, de toute nullité.

LISIMON'.

Il faudra voir.

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