SCENE X
TOINETTE
Allons donc, monsieur! Ce n'est que pour m'éprouver que vous faites semblant d'être si curieux. Une personne de votre mérite n'est pas susceptible d'un pareil défaut.
ORGON
Non: j'agis de bonne foi.
TOINETTE
Se prévaloir de ma franchise! Oh! cela n'est pas bien. Qui le croiroit à votre physionomie?
ORGON
Mais vous en avez déjà trop dit vous-même pour ne pas achever.
TOINETTE
Moi, monsieur?
ORGON
Ce mot d'émotion, qui vous est échappé, par exemple, ne signifie-t-il rien, à votre avis?
TOINETTE
Ah! je m'aperçois qu'il faut prendre garde à ce qu'on dit devant vous.
ORGON
Croyez-vous donc que je manque de pénétration?
TOINETTE
Au contraire, monsieui-; je vois que vous en avez infiniment.
Mi> LE (:o;nsi.:ntkment l'oucr^:.
onoON, « part.
\\\\c. i-\iv.rcho. à élutler mes <|ii('stii)ns. l*r(;i)()ii> iiii autre tour.
TOINETTE, à part.
O le uialicicux vieillard!
OlIOON.
Vous mecachezce que je découvre moi-niénic... Passons. Voire maîtresse a des manières (jui plaisent; mais cjuel est le fond de sou caractère?
TOINEÏTE.
Pourquoi me faites-vous cette question'*
ORGON
Prenej bien garde à ce que vous répondrez. Il ne s'agit pas moins que de la fortune de votre maitresse.
TOINETTE
De sa fortune? Oh ! monsieur, vous ne pouvez pas mieux placer vos bienfaits.
ORGON
Est-elle complaisante, docile, prévenante?
TOINETTE
Oui, monsieur; et, de plus, très économe.
Vous la croyez donc propre à rendre un mari heureux ?
TOINETTE
Elle est toute formée pour cela.