‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de MarivauxChapitre 104 sur 329 · HORTENSE, LE MARQUIS, LE CHEVALIER, LA COMTESSE · texte numérisé non relu

HORTENSE, LE MARQUIS, LE CHEVALIER, LA COMTESSE

LE MARQUIS

Si je lui offrois cent mille francs? Mais ils ne sont pas prêts; je ne les ai-point.

LA COMTESSE

Je vous les prêterai , moi ; je les ai à Paris. Rappelez-les; votre situation me fait de la peine.

LE MARQUIS

Madame, voulez-vous bien revenir? C'est que j'ai une proposition à vous faire, et qui est toutà- fait raisonnable.

iGo LE LEGS.

nORTEXSE.

Une proposition, monsieur le marquis! Vous m'avez donc trompée? Votre amour n'est pas aussi vrai que vous me l'avez dit.

LE MARQUIS

Que diantre vouiez -vous? On prétend aussi que vous ne m'aimez point, cela me chicane. Ainsi, tenez, accommodons-nous plutôt; Partageons le différent en deux : il y a deux cent mille francs sur le testament; prenez-en la moitié, quoique vous ne m'aimiez pas.

LE CHEVALIER, rt Z^ortense, à part.

Je ne crains plus rien.

HO RT EN SE

Vous» n'y pensez pas, monsieur? Cent mille francs ne peuvent entrer en comparaison avec l'avantage de vous épouser; et vous ne vous évaluez pas ce que vous valez.

LE MARQUIS

Ma foi, je ne les vaux pas , quand je suis de mauvaise humeur; et je vous annonce que j'y serai toujours.

Ma douceur naturelle me rassure.

LE MARQUIS

Vous ne voulez donc pas? Allons notre chemin, vous serez mariée.

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