SCENE XIV. l
pas épousé monsieur; et c'est à quoi je ne m'exposerai point.
LA. COMTESSE
On ne peut vous répondre qu'en haussant les épaules. Est-ce vous. qui me parlez, chevalier?
LE CHEV.\LIER
Oui, madame.
h\ COMTESSE.
*Vous avez donc l'ame mercenaire aussi, motf petit cousin? je ne m'étonne plus de l'inclination que vous avez l'un pour l'autre. Oui, vous êtes digne d'elle; vos cœurs sontparfaitementbien assortis. Ah! l'horrible façon d'aimer!
LE CHEVALIER
Madame, la vraie tendresse ne raisonne pas autrement que la mienne.
LA COMTESSE
Ah ! monsieur , ne prononcez pas seulement le mot de tendresse; vous le profanez.
LE CHEVALIER
Mais...
LA COMTESSE
Vous me scandalisez, vous dis-je. Vous êtes mon parent malheureusement, mais je ne m'en vanterai point. Ah ciel ! moi qui vous estimois ! Quelle avarice sordide ! Quel cœur sans sentiment! Et de pareilles gens disent qu'ils aiment! Al>!
i64 LE LEGS.
le vilain amour! Vous pouvez vous retirer, je n'ai
plus rien à vous dire.
LE ^.KRqvis^ brusquement.
Ni moi plus rien à entendre. Monsieur, vous avez encore trois heures à entretenir Hortense ; après quoi j'espère qu'on ne vous verra plus.
LE CHEVALIER
Monsieur, le contrat signé, je pars. Pour vous, comtesse , quand vous y penserez bien sérieusement, vous excuserez votre parent, et vous lui rendrez plus de justice.
LA COMTESSE
Ah î non : voilà qui est fini ; je ne saurois le mépriser davantage.