ACTE I, SCENE V
JenesaYoispasqiiemesbeauxyeuxensei{i;nassent la rhétorique.
HORTENSITJS.
Ils ont mis mon cœur en ëtat de soutenir thèse, mademoiselle, et, pour essai de ma science, je vais, si vous l'avez pour affiéable , vous donner un petit argument en forme.
LISETT F.
Un argument à moi ! Je ne sais ce que c'est ; je ne veux point tàter de cela. Adieu.
HORTE^SIUS.
Arrêtez : voyez mou petit syllogisme ; je vous assure qu'il est concluant.
LISETTE
Un syllogisme ?Et que vovilez-vous que je fasse de cela ?
HOnTENSirS.
Ecoutez. On doit son cœur à ceux qui vous donnent le leur: je vous donne le. mien; ergo^ vous me devez le vôtre.
LISETTE
Est-ce là tout ? Oh î je sais la rhétorique aussi , moi Tenez, on ne doit son cœur qu'à ceux qui le prennent : assurément vous ne prenez pas le mien; errjo , vous ne l'aurez pas. Bonjour. HORTENSirs, l arrêtant.
La raison répond...
LISETTE
Oh! pour la raison, je ne m'enraêle point: les filles de mon â^ye n'ont point de commerce avec elle. Adieu, monsieur Ilortensius; que le ciel vous bénisse, vou3,votre thèse et voti-e syllogisme.
HORTENSIUS
J'avois pourtant fait de petks vers latins sur vos beautés.
LISETTE
Eh! mais, monsieur Hortensius, mes beautés n'entendent que le français.
HORTENSIUS
On peut vous les traduire.
LISETTE
Achevez donc, car j'ai hâte.
HORTENSirS.
Je crois lés avoir sorres dans un livre...
LISETTE, voyant venir la marquise.
Voilà madame. Laissons-le chercher son papier.
( Elle sort. ) HORTESSirs, con tinne en feuilletant.
Je vous y donne le nom d'Uelène de la manière du monde la plus poétique, et j'ai pris la liberté de m'appeler le Paris de l'aventure. Les voilà; cela est galant.