ACTE I, SCÈNE X. 2o
tous deux. D'où vient préférer celui-ci? Quelle espèce d'homme est-ce ?
MARTHO>'.
C'est monsieur, madame.
Eh! c'est monsieur? Je ne m'enserois pas doutée; il est bien jeune.
A trente ans , on est en âge d'être intendant de maison , madame.
M™e ARGASTE.
C'est selon. Etes-vous arrêté, monsieur?
DOR A>TE
Oui, madame.
M™^ AROANTE.
Et de chez qui sortez-vous ?
DORANTE
De chez moi, madame ; je n'ai encore été chez personne.
>I«ie ARGANTE.
De chez vous ! Vous allez donc faire ici votre apprentissage ?
M ART ko:*.
Point du tout. Monsieur entend les affaires : il est fils d'un père extrêmement habile.
Mme A RG ANTE, à Manhon , h part.
Je n'ai pas grande opinion de cet homnic-là.
i04 LES FAUSSES CONFIDENCES.
Est-ce là la figure d'un intendant? Il n'en, a non plus l'air...
M A R ï H O ?f , A part aussi.
L'air n'y fait riea : ja vous réponds de lui; c'est l'homme qu'il jious faut.
Pourvu que monsieur ne s'e'carte pas des intentions que nous avons, il me sera indiffe'rent que ce soit lui ou un autre.
DORANTE
Peut-on savoir ces intentions, madame?
M™e ARGASTE.
Connoissez-vous monsieur le comte Dorimont? C'est un homme d'un beau nom. Ma tille et lui alloient avoir un procès ensemble, au svijct d'une terre considérable; il ne s'a^gissoit pa^iPti,opi,ns que de savoir à qui elle resleroit , et on a songe' à les marier, pour empêcher qu'ils jne plaident. Ma iilie est veuve d'un homme qui etoit fort considéré dans le monde , et qui l'a laissée fort riche : mais madame la comtesse Borimont auroit un rang si élevé, iroit do pair avec des personnes d'une si grande distinction, qu'il me tarde de voir ce mariage conclu ; et, je l'avou^jje serois charmée moi-même d'être la mère de madame la comtesse Dorimont, et plus que cela peut-être : car mon-