‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de MarivauxChapitre 157 sur 329 · ACTE II, SCÈNE IV. 23j · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IV. 23j

un calant homme ; et si la mère n'en est pas contente , c'est un peu de sa faute ; elle a débuté tantôt par le brusquer d'une manière si outrée, l'a traité si mal, qu'il n'est pas étonnant quelle ne l'ait pas gagné. Imaginez-vous qu'elle l'a querellé de ce qu'il étoit bien fait.

L^ COMTE

Ne seroit-ce point hii que je viens de voir sortir d'avec vous?

MARTHON.

Lui-même.

Il a bonne mine, en effet, et n'a pas trop l'air de ce qu'il est.

MARTHO>'.

Pardonnez-moi, monsieur; car il est honnête homme.

LE COMTE

IN'y auroit-il pas moyen de raccommoder cela? Araminte ne me hait pas , je pense ; mais elle est lente à se déterminer ; et , pour achever de la résoudre, il ne s'agiroit plus que de lui dire que le sujet de notre discussion est douteux pour elle : elle ne voudra pas soutenir l'embarras d'un procès. Parlons à cet intendant; s'il ne faut que de l'argent pour le mettre dans nos intérêts, je ne l'épargnerai pas.

MARTHON.

Oh non ! ce n'est point un homme à mener par là ; c'est le garçon de France le plus désintéresse.

LE COMTE

Tant pis ! ces gens-là ne sont bons à rien.

MARTHO?».

Laissez-moi faire.

Page 1