‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de MarivauxChapitre 163 sur 329 · JI A R T H O N · texte numérisé non relu

JI A R T H O N

Oui, le mien. Eh! pourquoi non, s'il vous plaît? Il ne faut pas tant se re'crier.

M™e ARGAXTE.

Je suis assez comme monsieur le comte ; la chose me paroît singulière.

MARTHOX.

Ma fai, madame, sans vanité, on en peint tous les jours, et des plus huppées, qui ne me valent pas.

Et qui est-ce qui a fait cette dépeuse-là pour vous ?

Un très aimable homme, qui m'aime, qui a de la délicatesse et des sentiments, et qui me recherche; et, puisqu'il faut vous le nommer, c'est Dorante.

Aïon intendant?

i,ui-mome.

M™e ARGANÏE.

Le fat! avec ses sentiments.

a46 LES FAUSSES CONFIDENCES.

ARA MIME, bni<;quement.

Eh! vous nous trompez: depuis qu'il est ici, a-t-il eu le temps de vous faire peindre?

MARTHO>\

Mais ce n'est pas d'aujourd hui qu'il me connoit.

ARAMiXTEj vivement.

Donnez donc.

M A RTHO'.

Je n'ai pas encore ouvert la boîte, mais c'est moi que vous allez voir.

{^Araminte l'ouvre; tous regardent.^

LE COMTE

Eh ! je m'en doutois bien ; c'est madame.

M ARTHON

Madame?... Il est vrai, et me voilà bien loin de mon compte, (à pai't.) Dubois avoit raison tantôt.

An AMI>TE.

(rt part.) Et moi je vois clair. (« Marthon.) Par quel hasard nvez-vous cru que c'etoit vous?

MARTHON. •

Ma foi, madame, toute autre que moi s'y seroit trompée. Monsieur Rémi me dit que son neveu m'aime, qu'il veut nous marier ensemble; Dorante est présent, et ne dit point non; il refuse devant moi un très riche parti ; l'oncle s'en prend à moi, me dit que j'en suis cause. Ensuite vient

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