‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de MarivauxChapitre 182 sur 329 · DORANTE, DUBOIS · texte numérisé non relu

DORANTE, DUBOIS

DrBOIS.

Non , \ous dis-je ; ne perdons point de temps. La lettre est-elle prête?

DORANTE, la lui montrant.

Oui, la voilà, et j'ai mis dessus: Rue du Figuier.

DCBOIS.

Vous êtes bien assuré que Lubin ne sait pas ce quartier-là?

DORASTE

Il m'a dit que non.

DUBOIS

Lui avez-vous bien recommandé de s'adresser à Martlion ou à moi pour savoir ce que c'est?

DOR A>'TE

Sans doute, et je Islui recommanderai encore.

DUBOIS

Allez donc la lui donner : je me charge du

^-\ LES TAUSSES CONFIDENCES.

reste auprès de Marthon , que je vais trouver, u o R A K T E .

Je t'avoue que j'hésite un peu. N'allons-nous pas trop vite avec Araminte? Dans l'agitation des mouvements où elle est, veux-tu encore lui donner l'embarras de voir subitement éclater l'aventure ?

n UEO 18.

Oh! oui: point de quartier. Il faut l'achever pendant qu'elle est étourdie. Elle ne sait plus ce qu'elle fait. Ne voyez-vous pas bien qu'elle triche avec moi ; qu'elle me fait accroire que vous ne lui avez rien dit? Ah! je lui apprendrai à vouloir me soufiler mon emploi de confident pour vous aimer en fraude.

DORANTE

Que j'ai souffert dans ce dernier entretien ! Puisque tu savois qu'elle vouloit me faire déclarer, que ne m'en avertissois-tu par quelques signes ? *

DUBOIS

Cela auroit été joli, ma foi! elle ne s'en seroit point aperçue, n'est-ce pas? Et d'ailleurs votre douleur n'en a paru que plus vraie. Vous repentez-vous de l'effet qu'elle af produit ? Monsieur a souffert! Parbleu! il me semble que cette aventure-ciViérite un peu d'inquiétude.

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