ACTE 111, SCÈ>;E II
Que cet intendant osoit lever les yeux sur madame.
HFEOIS.
Ah ! oui ;■ vous parlez de ce regard que je lui vis jeter sur elle? Oh! jamais je ne l'ai oublié. Cette œillade-là ne valoit rien. Il y avoit quelque chose dedans qui n'étoit pas dans l'ordre. M A R T H o >■ .
Oh! çà, Dubois, il «'agit de faire sortir cet homme-ci.
Dr BOIS.
Pardi! tant qu'on voudra : je ne m'y épargne pas. J'ai déjà dit à madame qu'on m'avoit assuré qu'il n'entendoit pas les affaires.
M ART H ON
Mais est-ce là tout ce que tu sais de lui? C'est de la part de madame Argante et de monsieur le comte que je te parle, et nous avons peur que tu n'aies pas tout dit à madame, ou qu'elle ne cache ce que c'est. Ne nous déguise rien , tu n'en seras pas fâché.
DVBOIS.
Ma foi, je ne sais que son insuffisance, dont j'ai instruit madame.
Ne dissimule point
t)t:rois.
Moi, un dissimule ! Moi, garder un secret ! Vous avez bien trouvé voire homme. En fait de discrétion, je mériterois d'être femme. Je vous demande pardon de la comparaison ; mais c'est pour vous mettre l'esprit en repos.
MAKTHO>'.
Il est certain qu'il aime madame.
DUBOIS
Il n'en faut point douter : je lui en ai même dit ma pensée à elle.
M ARTH OK.
Et qu'a^t-elle répondu?
Que j'étois un sot. Elle est si prévenue...
MAP, rHO>.
Prévenue à un point que je n'oserois le dire, Dubois.
DUBOIS
OM le diable n'y perd rien, ni moi non plus; car je vous entends.
M ART H ON
Tu as la mine d'en savoir plus que moi làdessus.
DUBOIS
Oh! point du tout, je vous jure. Mais ^ à propos, il vient tout-à-l'heure d'appeler Lubin pour