M. REMI, MADAME ARGANTE, LE COMTE, MARTHON
M. R^Mi, (7 Martlion , qui se retire.
Bonjour, ma nièce, puisque enfin il faut que vous la soyez. Savez-vous ce qu'on me veut ici? MARTHOX, brusquement.
Passez, monsieur, et cherchez votre nièce ailleurs : je n'aime point les mauvais plaisants.
( Elle sort. )
M. REMI
Voilà une petite fille bien incivile, [a madame Argante. )0n m'a dit de votre part de venir ici , madame : de qubi est-il donc question?
M™<= A R G A N ï E , du n ton revêche.
Ah! c est donc vous, monsieur le procureur^
Oui , madame ; je vous garantis que c'est moimême.
aime ARGANTE.
Et de quoi vous êtes-vous avisé, je vous prie, de nous embarrasser d'un intendant de votre façon ?
M. REMI
Et par quel hasard madame y trouve-t-elle à redire ?
M™e ARGASTE.
C'est que nous nous serions bien passés du présent que vous nous avez fait.
M. REMI
Ma foi ! madame , s'il n'est pas de votre goiît, vous êtes bien difficile.
J>1^^ AAGANTE.
C'est votre neveu , dit- on ?
M. REMI
Oui, madame.
M™« ARGANTE
Eh bien ! tout votre neveu qu'il est, vous nbusferez un grand plaisir de le retirer.
M. REMI
Ce n'est pas à vous que je l'ai donné.
M>"e ARGANTE.
Non; mais c'est à nous qu'il déplaît, à moi et
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à monsieur le comte que voilà, et qui doit épouser ma fille.
M. REMI, élevant la voix.
Celui-ci est ûouveau 1 Mai», madame, dès qu'il n'est pas à vous, il me semble quil n'est pas essentiel qu il vous plaise. On n'a pas mis dans le marche' qu'il vous plaiioit : pei^sonne n'a songé à cela ; et pourvu qu'il convienne à madame Araminte , tout doit être content. Tant pis pour qui ne Test pas. Qu'est-ce que cela signifie?
Mn>e ARGANTE.
Mais vous avez le ton bien rauque, M. Remi.
M. REMI
Ma foi! vos compliments ne sontpointpropres à l'adoucir, madame Argante.
LE COMTE
Doucement, monsieui le procureur, doucement; il me paroît que vous avez tort.
M. REMI
Comme vous voudrez, monsieur le comte, comme vous voudrez; cela ne vous regarde pas. Vous savez bien que je n'ai pas l'honneurde vous connoître, et nous n'avons que faire ensemble, pas la moindre chose.
LE COMTE
Que vous me connoissiezou non, il n'est pas si peu essentiel que vous le dites que votre neveu
plaise à madame. Elle n'est pas une étrangère dans la maison.
M. REMI
Parfaitement étrangère pour cette affaire - ci , monsieur; on ne peut pas plus étrangère: au surplus, Dorante est un homme d'honoeur, connu pour tel , dont j'ai répondu , dont je répondrai toujours, et dont madame parle ici d'une manière choquante.
M^^ ARGA5TE
Votre Dorante est un impertinent.
M. REMI
Bagatelle ! cemot-là ne signiBe rien dans votre bouche.
Mme A RGANTE.
Dans ma bouche ! A qui parle donc ce petit praticien , monsieur le comte? Est- ce que vous ne lui imposerez pas silence?
M. REMI
Comment donc ! ro'iraposer silence , à moi procureur? Savez-vous bien qu'il y a cinquante ans que je parle , madame Argante ?
M™e ARGANTE.
Il y a donc cinquante ans que vous ne savez ce que vous dite».