ACTE III, SCENE VI. 7?>r
supposition injurieuse, et tout-à-fait hors (l'œuvre.
M^e .\RGA.NTE.
Honnête homme, soit : du moins n'a-t-on pas encore de preuve du contraire, et je veux croire qu'il l'est. Pour un impertinent et très impertinent, j'ai dit qu'il en étoit un, et j'ai raison. Vous dites que vous le garderez : vous n'en ferez rien. A u A M I >' T E , fioidenien t.
Il restera ^ je vous assure.
Point du tout ; vous ne sauriez. Seriez- vous d'humeur à garder un intendant qui vous aime?
M. KEMI.
Eh! à qui voulez-vous donc qu'il s'attache? A vous, à qui il n'a pas affaire?
Mais , en effet , pouvquoi faut-il que mon intendant me haïsse ?
M»a^ ARGANTE.
Eh! non, point d'équivoque. Quand je vous dis qu'il vous aime, j'entends qu'il est amoureux de vous, en bon français; qu'il est ce qu'on appelle amovireux; qu'il soupire pourvous; que vous êtes l'objet secret de sa tendresse.
M. REMI
Dorante?
2<jo LES FAUSSES CONFIDENCES.
A nAMIKTE , ria7it.
L'objet secret de sa tendresse? Oh ! oui, très secret, je pense. Ah, ah 1 je ne me croyois pas si dangereuse à voir. Mais, dès que vous devinez de pareils secrets , que ne devinez- vous que tous mes gens sont comme lui? Peut-être qu'ils m'aiment aussi: que sait-on?Monsieur Rémi, vous qui me voyez assez souvent, j'ai envie de deviner que vous m'aimez aussi.
Ma foi, madame, à l'âge de mon neveu, je ne m'en tirerois pas mieux qu'on dit qu'il s'en tire.
M™e ARC A STE.
Ceci n'est pas matière à plaisanterie, ma fille. Il n'est pas question de votre monsieur Rémi; laissons là ce bon homme, et traitons la chose un peu plus sérieusement» Vos gens ce vous fout pas peindre, vos gens ne se mettent point à contempler vos portraits, vos gens n'ont point l'air galant, la mine doucereuse.
M. REMI
J'ai laissé passer le bon homme à cause de vous au moins; mais le bon homme est quelquefois brutal.
A h A îtfi N r E.
En vérit»'. ma mère, vous seriez la première à