‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de MarivauxChapitre 195 sur 329 · SCÈNE VllI · texte numérisé non relu

SCÈNE VllI

ARAMINTE, madame ARGANTE , M. REMI.

LE COMTEf, DORAME, MARTHON.

MARTHON, froidement.

Ne vous pressez pas de le renvover, mad.Tme ; voilà une lettre de recommandation pour lui, et c'est monsieur Dorante qui l'a écrite.

ARAMIXTE.

Comment?

MARTHON, donnant la lettre au comte.

Un instant , madame, cela mérite d'être écoute ; la lettre est de monsieur, vous-dis-je.

LE coyiTE lit haut.

«Je vous conjure, mon cher ami, d'être de- «main sur les neut heures du matin chez vous; «j'ai bien des choses à vous dire. Je crois que je «vais sortir de chez la dame que vous save»; elle ' ne peut plus ignorer la malheureuse passion

iyl Li:S FAUSSES CONF (DEISCES.

«que j'ai prise pour elle, et dont je ne guériraî "jamais.

M"ie ARGAM'E.

De la passion! entendez-vous, ma fille?

LE COMTE lit.

(' Un misérable ouvrier que je n'attendois pas « est venu ici pour m'apporter la boite de cepor- « trait que j'ai fait d'elle.

Mme ARGAKTE.

C'est-ii-dire que le personnage sait peindre.

lE COMTE lit.

« J'étois absent , il l'a laisse'e à une fille de la « maison.

Mme AR GANTE, à Marthon .

Fille de la maison : cela vous regarde.

LE COMTE lit.

« On a soupçonné que ce portrait ui'apparte-

" noit. Ainsi je pense qu'on va tout découvrir, et

« qu'avec le chagrin d'être renvoyé, et de perdre

V le plaisirde voir tous les jours celle que j'adore.. ,

jjiue ARGANTE.

Que j'adore! Ah! que j'adore!

LE COMTE lit.

« J'aurai encore celui d'être méprisé d'elle.

M™« ARGANTE

Jetîrois qu'il n'a pas mal deviné celui-là, ma. fille.

Page 1