ACTE I, SCENE Vil. 34i
SILVIA
Tu reviens à ton chemin par un détour. Adieu.
DORANTE
Et non, te dis-je, Lisette, il ne s'agit ici que de mon maître.
SILVIA
Eh bien! soit ; je voulois te parler de lui aussi, et j'espère que tu voudras bien me dire confidemment ce qu'il est: ton attachement pour lui m'en donne bonne opinion ; il faut qu'il ait du mérite, puisque tu le sers.
Tu me permettras peut-être bien de te remercier de ce que tu me dis là, par exemple?
SILVIA
Veux-tu bien ne prendre pas garde à l'imprudence que j'ai eue de le dire?
DORA>'TE
Voilà encore de ces réponses qui m'emportent : tais comme tu voudras, je n'y rési- te point, et je suis bien malheureux de me trouver arrêté par tout ce qu'il y a de plus aimable au monde.
SILVIA
Et moi, je voudrois bien savoir comment il se fait que j'ai la bonté de t'ccouter; car, assurément, cela est singulier.
DORANTE
Tu as raison , "notre aventure est unique. SI LViA, rt part.
Maigre tout ce qu'il m'a dit, je ne suis point partie, je ne pars point , me voilà encore, et je réponds ! En vérité , cela passe la raillerie. ( haut.) Adieu.
DORANTE
Achevons donc ce que nous voulions dire.
Adieu, te dis-je, plus de quartier; quand ton maître sera venu, je tâcherai, en faveur de ma maîtresse, de le connoître par moi-même, s'il en vaut la peine : en attendant, tu vois cet appartement, c'est le vôtre.
DOUANTE.
Tiens, voici mon maître.