‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de MarivauxChapitre 247 sur 329 · ACTE II, SCÈNE IX · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IX

SIL VIA

Elle se l'imagine ; et si elle t'en parle encore , tu peux nier hardiment: je me charge du reste, f

Eh ! ce n'est pas cela qui m'occupe.

SILVI A.

Si tu n'as que cela à me dire, nous n'avons plus que faire ensemble.

DORAXTE.

Laisse-moi du moins le plaisir de te voir.

Le beau motif qu il me fournit là ! j'amuserai la passion de Bourguignon ! Le souvenir de tout ceci me fera bien rire un jour.

DORANTE

Tu me railles ; tu as raison : je ne sais ce que je dis, ni ce que je te demande. Adieu.

SILVI A.

Adieu: tu prends le bon parti... Mais, à propos de tes adieux, il me reste encore une chose à savoir. Vous partez, m'as-tu dit ; cela est-iL sérieux?

DORANTE

Pour moi, il faut que je parte, ou que la tête me tourne.

SILV tA..

Je ne t'arrêtois pas pour cette réponse-là, par exemple.

Et je n'ai fait qu'une faute , c'est de n'êti'e pas parti dès que je t'ai vue.

SILVIA, h part.

J'ai besoin à tout moment d'oublier que je l'écoute.

T)OR AiSTE.

Si tu savois, Lisette, l'état où je me trouve...

SILVIA

Oh ! il n'est pas si curieux à savoir que le mien , je t'en assure.

DORANTE

Que peux-tu me reprocher? Je ne me propose pas de te rendre sensible.

SILVIA

Il ne faudroit pas s'y fier.

DORANTE

Et que pourrnis-je espérer en tâchant de me faire aimer ? Hélas ! quand même j'aurois ton cœur...

SJLV I A.

Que le ciel m'en préserve ! Quand tu l'aurois , tu ne le saurois pas; et je ferois si bien, que je

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