‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de MarivauxChapitre 28 sur 329 · LUBIN, HORTENSIUS · texte numérisé non relu

LUBIN, HORTENSIUS

HORTESSIUS.

Eh bien! mon garçon, je vous attends.

LUBIN

Un petitmoment d'audience, monsieurle docteur Hortus.

HORTENSirS.

Hortensius, Hortensius: ne défigurez point mon nom.

Qu'il reste comme il est, je n'ai pas envie de lui gâter la taille.

HORTENSIUS

Je le crois. Mais que voulez-vous? (^àpart.) Il faut gagner la bienveillance de tout le monde.

L UBIN.

Vous apprenez la morale et la philosophie à la marquise ?

HORTENSIUS

Oui.

LUBIN

A quoi cela sert-il, ces choses-là?

HORTENSIUS

A purger l'ame de toutes ses passions.

LUBIN

Tant mieux: faites-moi prendre un doigt de cette médecine-là contre ma mélancolie.

Il O R T E î< s 1 11 s.

Est-ce que vous avez du chagrin?

Tant f|ue j'en mourrois, sans le bon appétit qui me sauve.

IlORTENSirS.

Vous avez là un puissant antidote : je vous dirai pourtant, mon ami , que le chagrin est toujou-i's inutile, parcequ il ne remédie à rien, et que la raison doit êue notre régie dans tous les états.

LUI! IN

IS^e parlons point de raison, je la sais par cœur celle-là : purgez-moi plutôt avec de la morale. noii.TExsius.

Je vous en dis , et de la meilleure.

LUBIN

Elle ne vautdoncrienpourmontempérament; servez-moi de la philosophie.

HORTENSIUS

Ce seroit à-peu-près la même chose.

LUBlN.

Voyons donc les belles-lettres.

Page 1