LUC! DOR
Vous aurez le sien, Angélique, je vous en assure; je le connois, c'est tout comme s'il vous le disoit lui-même.
ANGÉLIQUE
Eh! sans doute; et moi, je réponds aussi comme s'il étoit là.
LUCIDOR.
Ah! que de l'humeur dont il est vous allez le rendre heureux!
4(î<J L'ÉPREUVE.
ANGÉLIQUE
Ah! je VOUS promets bien qu'il ne sera pas heureux tout seul.
LUCinOR.
Adieu , ma chère Angélique ; il me tarde d'entretenir votre mère, et d'avoir son consentement. Le plaisir que me fait ce mariage ne me permet pas de diffe'rer davantage; mais, avant que je vous quitte, acceptez de moi ce petit présent de noce, que j'ai droit de vous offrir, suivant l'usage , et en qualité d'ami ; ce sont de petits bijoux que j'ai fait venir de Paris.
ANGÉLIQUE
Et moi, je les prends, parcequ'ils y retourneront avec vous, et que nous y serons ensemble : mais il ne falloit point de bijoux; c'est votre amitié qui est le véritable.
Lie mon.
Adieu , belle Angélique ; votre mari ne tardera pas à paroître.
ANGÉLIQUE
Courez donc, afin qu'il vienne plus vite.
L'ÉPREUVE. 46i