‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de MarivauxChapitre 327 sur 329 · SCENE XXI. 4g · texte numérisé non relu

SCENE XXI. 4g

ANGÉLIQUE

Je u'eu sais rien; mais, si jamais je viens à aimer quelqu'un, ce ne sera pas moi qui lui chercherai des filles en mariage ; je le laisserais plutôt mourir garçon.

LUCIDOR.

He'Ias ! Angélique , sans la haine que vous m'avez déclarée, et qui m'a paru si vraie, si naturelle, j'allois me proposer moi-même. Mai» qu'avez-vous donc encore à soupirer?

ANGÉLIQUE

Vous dites que je vous hais; n'ai-je pas raison? Quand il n'y auroit que ce portrait de Paris qui est dans votre poche.

Ce portrait n'est qu'une feinte ; c'est celui d'une sœur que j'ai.

ANGÉLIQUE

Je ne pouvois pas deviner.

LUCIDOR.

Le voici, angélique, et je vous le doune.

ANGÉLIQUE

Qu'en ferai-je , si vous n'y êtes plus ? Un portrait ne guérit de rien.

LUCIDOR.

Eh! si je restois?si je vous demandois votre main? si nous ne nous quittions de la vie ?

io\ L'ÉPREUVE.

ANGÉLIQUE

Voilà du moius ce qu'on appelle parler, cela.

LUCIDOR.

Vous m'aimez donc?

ANGÉLIQUE

Ai-je jamais fait autre chose?

LUCIDOR, se mettant h genoux.

Vous me transportez, Angélique.

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