ACTE I, SCENE I. i
LA MARQriSE.
Il est vrai que je suis dans un terril)le état.
LISETTE
Il n'y a donc qu'à emporter la toilette. Labrie, remettez cela où vous l'avez pris.
LA. MARQUISE
Je ne me pique plus ni d'agréments ni de beauté.
Madame, la toilette s'en va, je vous en avertis.
LA MARQUISE
Mais, Lisette, je suis donc bien épouvantable ?
Ll SETTE.
Extrêmement changée.
LA MARQUISE
Voyons donc, car il faut bien que je me débarrasse de toi.
LISETTE
Ah ! je respire, vous voilà sauvée. Allons, courage, madame.
( On rapporte le miroir. )
LA MARQUISE
Donne le miroir. Tu as raison, je suis bien abattue.
LISETTE, lui donnant le miroir.
Ne seroit-ce pas un meui'tre que de laisser dé-
ï4 LA. SURPRISE DE L'AMOUR.
périr ce teint -là, qui n'est que lis et que rose quand on en a soin?Ranfjez-raoi ces cheveux qui vous cachent les yeux. Ah! les fripons, comme ils ont l'œillade encore assassine ! ils m'auroient déjà brûlée, si j'étois de leur compétence; il&ne demandent qu'à faire du mal. .
LA. MARQUISE, rendant le miroir.
Tu rêves ; on ne peut phs les avoir plus battus.
LISETTE
Oui, battus. Ce sont de bons hypocrites: que l'ennemi vienne, il verra beau jeu. Mais voici, je pense, un domestique de monsieur le chevalier. C'est ce valet de campagne si naïf, qui vous a tant divertie il y a quelques jours.
LA MARQUISE
Que me veut son maître ? Je ne vois personne.
LISETTE
Il faut bien l'écouter.