ACTE II, SCÈNE X
LA MARQUISE
Je voudrois de tout mon cœur pouvoir vous calmer l'esprit.
( Elle part lentement. )
LE CEEV ALiEK^ pendant quelle marche.
Ah! je ra'attendois à plus de repos quand j'ai rompu mon voyage ; je ne ferai plus de projets, je vois bien que je rebute tout le monde. LA MARQUISE, S arrêtant au milieu du théâtre.
Ce que je lui entends dire là me touche ; il ne sçroit pas généreux de le quitter dans cet ëtat-là. {elle revient.^ Non , chevalier, vous ne me rebutez point ; ne cédez point à votre douleur : tantôt vous partagiez mes chagrins, vous étiez sensible à la part que je prenois aux vôtres; pourquoi n'êtes vous plus de même? C'est cela qui me rebuteroit, par exemple; car la véritable amitié veut qu'on fasse quelque chose pour elle , «lie veut consoler.
LE CHEVALIER
Aussi auroit-elle bien du pouvoir sur moi: si je la trouvois, personne au monde n'y seroit plus sensible ; j'ai le cœur fait pour elle. Mais où estelle ? Je m'imaginois l'avoir trouvée; me voilà détrompé , et ce n'est pas sans qu'il en coûte à mon caur.