ACTE II, SCENE X
Vous, madame?
LA. MARQUISE
Est-ce que je ne l'ëtois pas de cette façon-là tantôt? Votre re'ponse à Lisette n' avoit-elle pas dû me choquer ?
LE CHEVALIER
Vous m'avez pourtant dit de cruelles choses.
LA MARQUISE
Eh ! à qui en dil-on , si ce n'est aux gens qu'on aime , et qui semblent n'y pas répondre ?
LE CHEVALIER
Dois-je VOUS en croire ? Que vous me tranquillisez, ma chère marquise!
LA MARQUISE
Écoutez; je n'avois pas moins besoin de cette explication-là que vous.
LE CHEVALIER
Que vous me charmez ! que vous me donnez de joie!
( // lui baise la main.)
LA MARQUISE, J'i'anf.
On le prendroitpourmon amant de la manière Jont il me remercie.
LE CHEVALIER
Ma foi, je défie un amant de vous aimer plus
que je fais; je n'aurois jamais cru que l'amitié allât si loin , cela est surprenant , l'amour est moins vif.
LA MAROnSE.
Et cependant il n'v a rien de trop.
LE C H E V A L I E n .
Non , il n'y a rien de trop. Mais il me reste une {^race à vous demander. Gardez-vous Hortensius? Je crois qu'il est fâché de me voir ici, et je sais lire aussi bien que lui.