ACTE 1, SCÈNE Vlll
ORGON
Bon! le rapport d'humeurs, jargon, pure chimère. Tu prendras, mou enfant, l'humeur de ton époux; Douce coiume on te voit...
MARINE
Mais , monsieur. . .
ORGON
Taisez-vous.
MARINE
C'est fort bien dit , comptez sur son bon caractère. Mais, dites-moi, monsieur, quand sa défunte mère Eut été votre femme un mois ou deux au pkis, Est-ce qu'un peu d'humeur ne prit pas le dessus? Vous nous avez conté qu'a\ant que d'être femme , Elle sembloit avoir d'autres mœurs , une autre ame. Eh! ne sait-on pas bien que l'hymen change tout? Le moyen qu'un mari nous attache , et sur-tout- Quand ou le prend ainsi sans choix et sans tendresse? Y pensez-vous , monsieur, d'immoler ma maîtresse Au projet le plus fou qui jamais ait été? C'est unir, comme on dit, la mort à la santé. C est projeter enfin une action inique , Et qui mériteroit, en bonne politique.
Une correction...
ORGON
As-tu dit?
MARINE
C'est selon ; Oui, si vous vous rendez; si vous persistez, non. J'ai cent choses à dire...
igo LA DOUBLE EXTRAVAGANCE.
Et moi rien à répondre Qu'un seul mot, qui suffit, je crois, pour te confondre. La dispute m'ennuie, et d'ailleurs ma santé Ne veut pas que je parle avec vivacité. Tu me permettras donc d'être un peu laconique; Et , sans aller chercher des fleurs de rhétorique, Disposez- vous, Dorise, à donner votre main A l'ami que j'attends, peut-être dès demain.