M A RI M F
Fh bieu! ii"a-l-U pas lort?
Il faut un àye mur , et j'en tombe d'accord. Je ne suis plus (>uur lui; (>eut-ètre il vous oublie : Et si vous m en croyez, il n'aura plus l'envie Ni même le pouvoir de retenir a vous.
On \ient de vous laisser le choix de votre epjux ; c'est vous veiifjer de lui que d'eu choisir un autre.
DOKISE.
Mon, je a'eu terai rien...
MARINE
Quel discours est le vôtre?
DORISE
Je suis sure qu'il m'aime ..
MAHI.N E
Et mais, sûre, pourquoi?
DORISE
C'est qu'il me l'a jure...
rlail-il*... \ vuus?...
DORISE
A moi...
MARINE
Vous lavez vu?...
DORISE
Sans doute : il m'a peint sa tendresse D une vivacité , d un transport , d'une ivresse ! Je ne connoissois pas cent choses avant lui.
Ah ! Marine , mon cœur s'est ouvert aujourd'hui.
MARINE
Je tombe de mon haut. Expliquez- vous de grâce, Car je vois quelque chose en ceci qui me passe; L'inconnu, dites- vous, vous a parlé d'amour?
DORISE
Oui, Marine...
MARINE
Comment , ce jour même?
DORISE
Ce jour.
MARINE
Et vous l'aimez?
DORISE
Marine, ai-je pu m'en défendre?
Et comment soutenir un regard aussi tendre! Un langage si doux....
MARINE
Je ne sais où j'en sui?...
{bas.) Et que va devenir l'amant que j'introduis? Vous riez?
DORISE
Oui, je ris d'embarrasser Marine, Elle qui passe ici pour adroite et pour fine.
MARINE
Et moi je ne ris point, et voudrois bien savoir Quand ce nouvel amaut a pu vous venir voir; Car je vous avertis que ce n est pas le mémi' l'our qui je \ous parlois...
Af'TI II, >CÈNK VI M. aa3
DORISE
Tu te truiu|»t.'s. et même Je n'ai vu cet amant si tendre qu'avec loi. Tu jMurrois eu a(]ir autrement avec moi , Kt je crois que d'abord je devois être instruite.
MARINE
l)e quoi parlei-xous donc ici?...
DOR ISE.
lie ta conduite.
Je vois bien que mon j>ère a la plus ;;rande part A l'iutri^^ue qu'ici tu conduis avec art : Mais jK)uvoi."»-tu penser que, sottement déçue. Une si torle erreur ne frappât point ma vue? Le cœur se trompe-t-il a ce qu il iloit ainier? Il n'a pas dit un mut qui n ait su me clianner; Ta gaieté, tes prDpos, ses reçard-^, son lan(jage. Mon trouble, tout entin détruisoit ton ouvrage. Et le voile tombé ne m'a fait voir en lui Qrie l'inconnu pour (|ui tu parlois aujourd hui. U.ne me démentir...
MARINE
Je n'en serois pas crue .
Ah ! ah ! pour une A^piès , vous avez bonne vue ! Mais, dites-moi, pourquoi trouver tant de défauts Dans tous nos jeunes gens? comment? a quel propos? Kn le reconnoi.ssant quelle étoit \ otre envie?
DORISE
(elle de le punir de >a supercherie.
MARINE
O nature! à cet âge. et dès le premier pa.».
Conter à son amant ce qu'on ne jiense pas; Démêler d'un coup d œil un pareil strataf^ème, En voir tous les ressorts, et me jouer moi-même : Vous irez loin un jour, et j'en suis caution.
DORISE
Oh 1 j'ai bien dans l'esprit une autre opinion.
MARINE
Quelle est-elle?...
DORISE
Ce fils qu'a refusé mon père...
MARI .\ E
Eh bien?...
DORISE
Plus je l'entends, plus je le considère..