C.ÉllOMTt
Ah ! je \ouclrots le voir! Corhiou ! tu vas connoitrt* .Si je ne suis qu'un sot , ou si je sui» le luaitre. J'en vais dirv deux mots à ma très chère sa>ur. Kl la f.iire expliquer. J'ai tleja sur le cœur Quelle sesl peu préte« a l»ien traiter Aristc; Tu m y f^ais rellechir : outre un accueil tort triste^ Elle m'avoit tout l'air de se moquer «le lui, Et ne lai répondoit qu .ivei: un ion tlcnuui. Oh ! [>ar exemple, ici tu ne prnx pas me dire Que l.leon ait montre le moindre QOiil de nuire, Ni de clMX|uer Ariste, ou de contrarier Un projet dont ma sœur parois»oit sennuyer. Car il ue ilisuit mot .
LISETT B.
Non , mais a la sourdine , Quand Ariste (tarloit, Clcon faisoit la mine; Il animoit madame en l'approuvant tout bas : Son air , des demi-mots que vous n'entendiez pas, (Certain ricanement, un silence |H;rfi(lc; Voila comme il parloit , et tout cela décide. Vraiment il nira pas se montrer tel qu il est., Vous présent : il enteud trop hicu son intérêt;
54 LK MÉCHxVNT.
Il se sert de Florise, et sait se satisfaire
Du mal qu'il ne fait point, par le mal qu'il fait faire.
Enfin à me prêcher vous perdez votre temps:
Je ne l'aimerai pas , j'abhorre les méchants ;
Leur esprit me déplaît comme leur caractère ,
Et les bons cœurs ont seuls le talent de me plaire.
Vous , monsieur, par exemple, à parler sans façon.
Je vous aime; pourquoi? c'est que vous êtes bon.
Moi ! je ne suis pas bon. Et c'est une sottise Que pour un compliment...
LISETTE
Oui , bonté c'est bêtise , Selon ce beau docteur : mais vous en reviendrez. En attendant, en vain vous vous en défendrez, Vous n'êtes pas méchant , et vous ne pouvez l'être. Quelquefois, je le sais , vous voulez le paroître; Vous êtes, comme un autre, emporté, violent, Et vous vous fâchez même assez honnêtement : Mais au fond la bonté fait votre caractère; Vous aimez qu'on vous aime, et je vous en révère.
GÉRONTE
Ma sœur vient : tu vas voir si j'ai tant de douceur, Et si je suis si bon.
LISETTE
Voyons.