ACTE IV, SCÈNE VII. i^i
Qu il ngil sourtleiiieut rontre son niariajje;
Il veut, il lie veut plus : sait-il ce qu'il lui faut?
Il est |>rès île C.Ulue qu'il reFusuit tantôt.
ARISTE
Tout seruit expliqiie, si l'on cessuit lie nuire. Si la méchanceté ne cberchoil à détruire...
c L É o .> ■ oïl bon ! quelle folie! Ktt's-vons de ces (jens S«)up<;<)nneui, Diiibrageui' croyez-vous aux méchants? Et réalisez-\ous cet être inia^'inaire, Ce jielit préjugé qui ne va qu'au \ul(]aire? Pour moi, je n'y crois p;is : soit dit sans intért't. Tout le monde est méchant, et personne ne l'est ; On reçoit et l'on rend; on est à peu prés quitte, l'arlez-vous des propos? comme il n'e>t, ni mérite. Xi goût , ni jugement qui ne soit contredit , Que rien n'est vrai sur rien; qu'importe ce qu'on dit? Tel sera mon héros, et tel sera le vôtre : L'aigle d'une maison n'est qu'un sot dans une autre. Je dis ici qu'Eraste est un mauvais plaisant; Eh bien! on dit ailleurs qu'Éraste est amusant. Si vous parlez des faits et des tracasseries, Je n'y vois d;:ns le fond que des plaisanteries; Et si vous attachez du crime à tout cela , Beaucoup d'honnêtes ijens sont de ces fripons-là. L'agrément couvre tout, il rend tout légitime : Aujourd'hui daus le monde on ne connolt qu'un crime, C'est l'ennui; pour le fuir tous les moyens sont bons. Il gagneroit bientôt les meilleures maisons Si l'on s'aimoit si fort ; l'amusement circule
i44 LE MÉCHANT.
Par les préventions, les torts, le ridicule :
Au reste, chacun parle et fait comme il l'entend.
Tout est mal, tout est bien, tout le monde est content.
ARISTE
Ou n'a rieu à répondre à de telles maximes :
Tout est indifférent pour les âmes sublimes.
Le plaisir, dites-vous, y gagne; en vérité.
Je n'ai vu que l'ennui chez la méchanceté :
Ce jargon éternel de la froide ironie.
L'air de dénigrement, l'aigreur, la jalousie,
Ce ton mvstérieux, ces petits mots sans fin.
Toujours avec un air qui voudroit être fin;
Ces indiscrétions, ces rapports infidèles,
Ces basses faussetés, ces trahisons cruelles;
Tout cela n'est-il pas, à le bien définir.
L'image de la haine et la mort du plaisir?
Aussi ne voit-on plus oîi sont ces caractères.
L'aisance, la franchise , et les plaisirs sincères ;
On est en garde , on doute enfin si l'on rira ;
L'esprit qu'on veut avoir gâte celui qu'on a :
De la joie et du cœur on perd l'heureux langage
Pour rab>urde talent d'un triste persiflage.
Faut-il donc s'ennuyer pour être du bon air?
Mais , sans perdre en discours un temps qui nous est cher,
Venons au fait, monsieur; counoissez ma droiture :
8i vous êtes ici , comme on le conjecture,
L'ami de la maison; si vous voulez le bien,
Allons trouver Géronte, et qu'il ne cache rien:
Sa défiance ici tous deux nous déshonore.
Je lui révélerai des choses qu'il ignore;