‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Saintfoix, Gresset, et BretChapitre 81 sur 144 · LISETTE, FRONTIN · texte numérisé non relu

LISETTE, FRONTIN

LISETTE

Eutre donc... ne crains rien, te dis-je, ils n'y sont pas. Eh bien ! de ta prison du dois être fort las I

FR ONTIN.

Moi! non. Qu'on veuille ainsi me faire bonne chère, Et que j'aie en tout temps Lisette pour geùlière, Je serai prisonnier, ma foi , tant qu'on voudra. Mais, si mon maitre enfin...

LISETTE

Supprime ce nom-là.

Tu n'es plus à Cléon , je te donne à Valère : Chloé doit l'épouser, et voilà ton affaire; Grâce à la noce, ici tu restes attaché, Et nous nous marierons par-dessus le marche.

F R ONTIN.

L'affaire de la noce est donc raccommodée?

Pas tout-à-fait encor, mais j'en ai bonne idée; Je ne sais quoi me dit qu'eu dépit de Cleon îsous ne sommes pas loin de la conclusion :

LK MECHANT i5i

En gens coii^txlies je cn)is me bien cttuuoitre. Ils ont d'avance un air que je trouve à lun uiaitre; Dans l'esprit Je Florise il esteX|kHlie. Grâce aux conseils d'Ariste, au pouvoir de Chloé, Valère l'abandonne. Ainsi, selon mon compte, Cléou n'a plus pour lui que l'erreur de Geronte, Qui |xir nous tous dans |>eu saura la vérité. Veux-tu lui rester seul ^ et que ta probité...

Mais le quitter! jamais je n'oserai lui dire.

LISETTE

Bon ! Eh bien ! écris-lui... Tu ne sab pas écrire Peut-être?

FnO.NTIM.

Si, parbleu!

LISETTE

Tu te vantes?

Moi? non :

Tu vas voir.

( // écrit. )

LISETTE

Je croyois que tu signois ton nom ôimplement; mais tant mieux. Mande-lui, sans mystère. Qu'un autre arrangement que tu crois nécessaire. Des raisons de Famille enfin, t'out obligé De lui signifier que tu prends ton congé.

Ma foi, sans compliiuei't , je demande me» gages. Tiens, lu lui i»orleras...

LISETTE

Dès que tu te dégages De ta couditiou, tu peux compter sux' moi , Et j'attendois cela pour finir avec toi. Valère, c'en est fait , te prend à son serv ice : Tu peux dès ce moment entrer eu exercice; Et, pour que ton état soit dûment éclairci, Sans retour, sans appel , dans un moment d'ici Je te ferai porter au château de Valère Un billet qu'il m'a dit d'envoyer à sa mère. Cela te sauvera toute explication.

Et le premier moment de l'humeur de Cléon. .. Mais je crois qu'on revient.

FRONTIN

Il pourroit nous surprendre.

J'en meurs de peur : adieu.

LISETTE

Ne crains rien : va m'attendre ; Je \ais t'expédier '.

' Nous restituons ici deux vers qui ne se trouvent que dans la deuxième édition, faite en 1748 sous Jes yeux de Gresset, à Paris, chez Jon-y. Toutes les éditions calquées sur celles de 1745 et 1765 présentent, daus les deux derniers vers de cette scène, et dans les deux premiers de la suivante, quatre rimes féminines. Ou ht dans quelques éditions les vers suivants :

Ne crains rien : va m'attendri- ■ Nous ne tarderons pas à nous voir marier ;

• Et pour presser l'instant, • je vais t'expédier.

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