‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 148 sur 321 · I.E COMTE · texte numérisé non relu

I.E COMTE

Mais que voulez-vous que je fasse? Vous êtes san.s bien; je n'ai ni emploi ni revenu; un |)rocès que je viens de perdre achève de me ruiner absolument; ma naissance et ma qualité me sont même à charffe dans la situation où je me trouve. Me pardonnerois-je à moi-même de vous associer à mon malheur?

ANGÉLIQUE

Oui , j'aime mieux être malheureuse avec vous que de vous voir heureux avec ma tante.

LKS BOURGEOISES DE QUALITÉ. lyS

I LE COMTE

Je ne le serai point du tout, je vous assure : ce n'est point elle, c'est son bien que j'épouse, pour le partager avec vous.

ANGÉLIQUE

Je n'en veux point, monsieur; je n'ai que faire , de Lien , je ne veux que vous. [i

LE COMTE

Ah ! soyez sûre de tout mon cœur, il ne sera jamais qu'à vous; je vous chérirai, je vous aimerai, je vous adorerai toute ma vie.

ANGÉLIQUE

Et vous ne m'épouserez point ? Je ne veux point de cela.

LE COMTE

Que vous êtes cruelle! laissez-moi céder, pour un temps, à notre mauvaise fortune, afin de nous en assurer une meilleure : nous sommes jeunes l'un et l'autre; votre tante n'a que très peu de | temps à vivre.

ANGÉLIQUE

Et vous croyez que pour vous avoir j'aurai la patience d'attendre qu'elle meure? Non pas, s'il vous plaît ; je veux que vous m'épousiez la première: ma tante a déjà été mariée; c'est à elle d'attendre.

iji ri;s nouriGKoi.sts m. (^>ualité.

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