‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 112 sur 240 · ACTE m SCENE IX. i · texte numérisé non relu

ACTE m SCENE IX. i

M. DE MOHINVAL.

Oui , si l'on pouvoit l'être.

M. DE r LIN VILLE.

Ah! le trait est plaisant.

Si l'ou pouvoit!... Comment, vous en doutez encore?

M. DE MORINVAL.

Toujours.

M. DE PLINVILLE.

Mais vous aimez ma fille?

M. DE MORIXVAL.

Je l'adore.

M. DE PLINVILLE.

Angélique, à son tour, vous aime?

M. DE MORIXVAL.

Je le cioi.

M. DE PLINVILLE.

Vous allez recevoir et sa main et sa foi : Que vous faut-il de plus?

M. DE M o R I N VA L , Vivement.

Mais est-on , je vous prie, Heureux précisément parcequ'on se marie?

M. DE l'LINVILUE.

Ah! mon ami, l'hymen...

M. DE MORINVAL.

L'hymen a ses douceurs , Je le sais; sur la vie il sème quelques Heurs : Mais j'en vois les soucis, les ennuis, les alarmes.

M. DE PLINVILLE.

Kh! voyez-cn plutôt les [)laisirs et les charmes; Voyez ces chers enfants, gages de votre amour...

i48 L'OP TIMISTK.

M. DE MORIXVAL.

A des infortunés je donnerai le jour.

M. DE PLI X VILLE

Les voilà malheureux même avant que de naitre!

M. DE MORINVAL.

Je le fus, je le suis : pourroient-ils ne pas l'être? Ils ne pourront, du moins, échapper aux douleurs: L'homme, dès en naissant, crie et verse des pleurs.

M. DE PLIX VILLE.

C€5 pleurs sont un langage, et non pas une plainte.

M. DE MORIXVAL.

De mille infirmités son enfance est atteinte. Pendant deux ans entiers, captif en un berceau, Il souffre...

M. DE PLIX VILLE.

Avant d'être arbre, il faut être arbrisseau.

M. DE MORIXVAL.

Tôt ou tard un poison dans les veines circule. Qui défigure ou tue...

M. DE PLINVILLE.

Oui , mais ou inocule.

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